La Ville de Québec dégage des surplus malgré l’instabilité de 2022

La Ville de Québec se félicite de présenter un excédent au terme d’une année marquée par plusieurs vents contraires.
Francis Vachon Archives Le Devoir La Ville de Québec se félicite de présenter un excédent au terme d’une année marquée par plusieurs vents contraires.

Malgré les turbulences économiques et politiques de 2022, la Ville de Québec a bouclé son année financière dans le vert. Des placements profitables et un bond inattendu des droits sur mutations immobilières ont réussi à atténuer l’impact des pressions inflationnistes et de la flambée des prix sur le budget municipal.

La capitale affiche un surplus de 65,7 millions de dollars dans un bilan qui compte des revenus de 1,73 milliard et des dépenses de 1,66 milliard, en hausse respectivement de 6,9 % et de 6,5 % par rapport à 2021.

La Ville se félicite de présenter un excédent au terme d’une année marquée par plusieurs vents contraires. Guerre en Ukraine, montée de l’inflation, déraillement des chaînes d’approvisionnement : le contexte engendrait plusieurs écueils, mais Québec se félicite non seulement de les avoir évités, mais aussi d’avoir su en profiter.

« La conjoncture a eu des effets qui ont affecté à la fois défavorablement et favorablement le budget », a indiqué le directeur général de la Ville, Luc Monty. D’une part, l’inflation a fait grimper les coûts d’acquisition, notamment du carburant, un poste budgétaire auquel Québec a dû consacrer 5,6 millions de dollars de plus que prévu.

Effet notable de l’inflation et de la hausse des taux d’intérêt : une baisse de 25 % des permis de construction résidentielle délivrés en 2022 par rapport à 2021, un déclin contrebalancé par une hausse de 53 % dans les secteurs commercial et industriel, ce qui a porté la valeur des permis délivrés à 1,9 milliard.

L’hiver a aussi joué les trouble-fêtes dans le budget en faisant tomber 321 cm de neige sur Québec, soit une trentaine de centimètres de plus que la moyenne observée au cours de la dernière décennie. L’enneigement plus important qu’à l’habitude a imposé des dépenses supplémentaires de 14,5 millions, portant le coût total du déneigement à 81,5 millions en 2022.

Placements

D’autre part, les hausses successives des taux d’intérêt ont permis à la Ville de faire fructifier une panoplie de placements au-delà de ses espérances inscrites au budget. La capitale attendait des retours totalisant 12,4 millions : elle a plutôt récolté 31,6 millions, une hausse de presque 155 %.

Les transactions immobilières, notamment dans le secteur commercial, ont aussi permis à la Ville de toucher des revenus de mutation presque deux fois plus importants que prévu. Québec a perçu, en 2022, 70 millions en « taxe de Bienvenue », soit 32 millions de plus que budgété.

La chance a aussi joué en faveur de la Ville. Un rebond de l’industrie touristique plus rapide qu’anticipé a engrangé des retombées en hausse de 7,8 millions. Un retard dans la mise en service du centre de biométhanisation a aussi permis à Québec d’économiser environ 10 millions de dollars.

La Ville n’a pas freiné ses investissements malgré les aléas économiques de 2022. Québec a injecté près de 650 millions à ce chapitre, une hausse de 38 millions par rapport à l’année précédente. La Ville a aussi, par la bande, diminué sa dette au-delà de ce qu’elle avait anticipé dans son budget. La dette nette atteint désormais 1,543 milliard, en baisse de 12 millions par rapport à 2021.

Malgré cette bonne tenue financière, quelques obstacles se dressent devant Québec en 2023. Les mutations immobilières ont déjà diminué de 30 % depuis le début de l’année, a souligné Luc Monty. Le taux d’inoccupation des immeubles de bureaux a grimpé pour la troisième année d’affilée, malgré la fin de la pandémie, pour atteindre 9,6 %, un sommet jamais vu au cours de la dernière décennie.

Si les locaux demeurent vacants, la situation pourrait avoir des répercussions sur l’évaluation foncière et les revenus de la Ville. « Ça pourrait contribuer à faire plafonner la valeur, voire à la faire reculer », note d’ailleurs le directeur général.

L’administration de Bruno Marchand se félicite pour « l’excellent bulletin » présenté pour 2022, mais elle demeure prudente pour l’année à venir. Le maire refuse de s’avancer sur l’avis d’imposition qui attendra la population. « Ce serait une promesse d’ivrogne », a déclaré le maire, en raison de l’incertitude qui demeure.

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